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Volet battant en rénovation : matériaux, pose et ce qui change

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Volet battant en rénovation : matériaux, pose et ce qui change

Remplacer des volets battants paraît simple : deux vantaux, quatre gonds, une paire d’arrêts. La réalité d’un chantier de rénovation l’est beaucoup moins, parce que rien n’est jamais d’équerre sur une façade qui a cinquante ou cent ans. Les tableaux se sont déformés, les scellements d’origine ont bougé, les dimensions varient de plusieurs centimètres d’une ouverture à l’autre, et la façade impose parfois des contraintes d’aspect auxquelles personne n’avait pensé. Un volet battant en rénovation se prépare donc autant qu’il se pose, et les décisions prises avant la commande, matériau, mode de fixation, motorisation éventuelle, déterminent le résultat pour les vingt années suivantes.

Ce qui change entre une pose neuve et une rénovation

En construction neuve, les ouvertures sont calibrées, les scellements prévus, les dimensions identiques d’une baie à l’autre. Le volet se commande sur plan et se pose sans surprise.

En rénovation, quatre paramètres se rencontrent presque systématiquement.

Les dimensions varient. Deux fenêtres apparemment identiques peuvent différer de deux à trois centimètres en largeur et davantage en hauteur. Chaque ouverture se mesure individuellement, en trois points au minimum pour chaque dimension, et le relevé sur site conditionne toute la commande. Les volets standard de grande surface conviennent rarement à un bâti ancien.

Les supports sont hétérogènes. Une façade en pierre, en brique pleine, en pan de bois, en parpaings ou isolée par l’extérieur ne reçoit pas les mêmes fixations. Un scellement chimique dans une pierre tendre, une platine traversante sur un mur creux, une reprise sur ossature derrière un isolant : chaque cas appelle une solution différente, et un gond mal repris finit par descendre sous le poids du vantail.

L’aplomb n’est jamais acquis. Les tableaux se sont affaissés, les linteaux ont fléchi, les appuis ont pris de la pente. Les gonds réglables et les pentures à jeu compensent une partie de ces défauts, mais une déformation importante impose un ajustement des vantaux eux-mêmes.

L’existant impose enfin un style. Une façade dont toutes les ouvertures portent des volets à lames verticales avec écharpe ne supporte pas qu’une seule ouverture reçoive un panneau lisse contemporain. La cohérence d’ensemble prime sur la préférence individuelle, et un remplacement partiel se planifie donc en pensant aux ouvertures qui suivront.

Bois, aluminium ou PVC : ce que chaque matériau implique

Volets battants en aluminium à lames orientables sur une façade en pierre rénovée

Le choix du matériau engage l’aspect, le poids, l’entretien et la durée de vie. Trois familles se partagent le marché.

Le bois reste le choix patrimonial. Il accepte toutes les formes, se répare, se retaille sur place et s’accorde naturellement aux bâtiments anciens. Les essences employées vont du sapin traité, économique, aux bois exotiques ou aux résineux densifiés, plus stables. Son point faible est l’entretien : une lasure ou une peinture microporeuse demande une reprise régulière, tous les trois à cinq ans selon l’exposition, davantage sur une façade plein sud ou en bord de mer. Un bois négligé grise, fend, puis se déforme.

L’aluminium domine la rénovation contemporaine. Léger, il sollicite moins les gonds et les scellements anciens, ce qui compte sur une maçonnerie fatiguée. Le thermolaquage offre une palette de teintes très large, y compris des finitions imitant le bois, et ne demande qu’un lavage périodique. Les modèles à lames orientables permettent de moduler la lumière sans ouvrir, fonction que le bois traditionnel n’offre presque jamais. Son coût d’achat reste le plus élevé des trois.

Le PVC occupe le segment économique. Il ne demande aucun entretien de surface, mais sa tenue mécanique impose des renforts internes sur les grandes hauteurs, et les teintes sombres restent délicates en exposition intense. Il convient bien aux ouvertures de taille moyenne sur un bâti sans exigence patrimoniale.

CritèreBoisAluminiumPVC
Poids sur les gondsélevéfaiblemoyen
Entretienreprise régulièrelavage simplelavage simple
Grandes dimensionspossible, lourdtrès bien adaptélimité
Lames orientablesrarecourantrare
Budget relatifmoyen à élevéélevémodéré

Aucune colonne ne gagne partout. Un bâti ancien en secteur protégé oriente vers le bois, une maison des années soixante-dix avec de grandes ouvertures vers l’aluminium, une dépendance ou un budget contraint vers le PVC.

Pose en tableau ou en applique, gonds et pentures

Le mode de pose se décide sur la façade, pas dans un catalogue. Deux configurations existent, et le vocabulaire mérite d’être clair.

La pose en tableau place le volet dans l’épaisseur de l’ouverture, contre le dormant de la fenêtre ou légèrement en retrait. Elle donne une façade nette, sans saillie, et protège les vantaux repliés. Elle exige en revanche un tableau suffisamment profond et régulier, et laisse peu de tolérance sur les dimensions.

La pose en applique fixe le volet sur le nu extérieur du mur, autour de l’ouverture. Elle pardonne davantage les irrégularités, autorise un recouvrement généreux qui améliore l’occultation, mais fait ressortir les vantaux et impose un espace libre en façade pour les recevoir ouverts.

La visserie et la ferrure méritent une attention particulière, car c’est par elles que les volets vieillissent mal.

Les gonds à sceller, aussi appelés pattes à scellement, supportent l’ensemble du poids. Les modèles à sceller dans un trou rempli de mortier ou de résine conviennent à une maçonnerie saine. Les gonds à visser sur platine, avec chevilles adaptées au support, se réservent aux matériaux plus fragiles ou aux façades isolées. Le réglage en trois dimensions, disponible sur les modèles récents, simplifie considérablement la mise en œuvre sur un bâti déformé.

Les pentures et les barres de renfort structurent le vantail. Sur un volet en bois traditionnel, l’écharpe diagonale n’est pas décorative : elle empêche le parallélogramme et le vantail de tomber du côté opposé aux gonds. Son sens de pose compte, la pointe basse devant se situer côté gonds.

Les arrêts, enfin, immobilisent les volets ouverts contre la façade. Les modèles automatiques à came se déverrouillent d’un geste. Leur absence transforme chaque coup de vent en risque pour les vitrages, sujet à considérer en même temps que le choix des menuiseries, comme pour une porte-fenêtre de style atelier.

Motoriser un volet battant en rénovation

Gond réglable scellé dans un tableau de fenêtre en pierre lors d’un chantier de rénovation

La motorisation des volets battants a longtemps été réservée au neuf. Les systèmes actuels rendent l’opération accessible en rénovation, avec quelques précautions.

Deux familles de motorisation coexistent. Les bras articulés, fixés en façade de part et d’autre de l’ouverture, poussent et tirent le vantail. Ils s’installent sans toucher au vantail lui-même, s’adaptent à la plupart des configurations, mais restent visibles et occupent l’espace autour de la fenêtre. Les moteurs axiaux, logés dans le gond ou juste derrière, sont beaucoup plus discrets, mais imposent un percement précis et un support capable de reprendre les efforts.

Trois vérifications précèdent toute décision. Le poids du vantail d’abord, qui doit rester dans les limites publiées par le fabricant du moteur. La solidité du support ensuite, car un moteur exerce des efforts bien supérieurs à ceux d’une manœuvre manuelle. L’alimentation électrique enfin, qui suppose une arrivée protégée jusqu’à la fenêtre : la traversée de mur, souvent réalisée au moment du remplacement des menuiseries, devient coûteuse une fois les finitions terminées.

Les commandes radio évitent le câblage intérieur et permettent une gestion centralisée. La question de la commande de secours se pose systématiquement : un déverrouillage manuel doit rester possible en cas de coupure de courant ou de panne, faute de quoi les volets restent bloqués dans leur dernière position.

Sur une façade visible depuis la voie publique, l’ajout de bras motorisés modifie l’aspect extérieur et peut nécessiter une autorisation au même titre que le remplacement des volets.

Urbanisme, prix et entretien

Le remplacement de volets modifie l’aspect extérieur d’un bâtiment. Une déclaration préalable en mairie est en principe requise, y compris lorsque la forme reste identique, dès lors que le matériau ou la teinte change. Le règlement local peut imposer des couleurs précises, un type de lame, une interdiction du PVC ou du volet roulant en façade. En secteur patrimonial ou aux abords d’un monument protégé, l’avis de l’architecte des Bâtiments de France s’ajoute à l’instruction, avec des délais plus longs. En copropriété, une autorisation de l’assemblée générale est nécessaire dès que les volets appartiennent à l’aspect commun de l’immeuble. Ces vérifications se font avant la commande, jamais après.

Les fourchettes observées sur le marché français varient selon le matériau, les dimensions et le mode de pose. À titre de repère, une paire de volets battants en PVC de dimensions courantes se situe fréquemment entre trois cents et six cents euros fournis, hors pose. Le bois se rencontre plutôt entre quatre cents et neuf cents euros la paire, l’aluminium entre six cents et mille deux cents euros, davantage avec des lames orientables. La pose ajoute couramment de cent cinquante à quatre cents euros par ouverture selon la difficulté des scellements, et une motorisation représente un poste supplémentaire significatif par fenêtre, alimentation comprise.

L’entretien diffère nettement selon le matériau. Le bois demande un contrôle annuel des arêtes et des bas de vantaux, points où l’eau stagne, et une reprise du film protecteur avant qu’il ne s’écaille. L’aluminium et le PVC se contentent d’un lavage à l’eau savonneuse deux fois par an. Dans tous les cas, les gonds méritent un graissage léger et un contrôle de serrage, et les arrêts un essai de fonctionnement avant la saison des vents.

Le choix de l’entreprise obéit aux mêmes règles que pour n’importe quel chantier de menuiserie extérieure : devis détaillé poste par poste, description écrite du mode de fixation, attestation d’assurance à jour. Les critères de sélection sont développés dans notre guide du choix d’un artisan, et la question des réseaux de fabricants dans celui consacré au label d’aluminier agréé.